GP MARCK EN CALAISIS- 6 et 7 juin 2026

Voilà, la saison 2025-2026 s’est achevée avec le GP de Marck-en-Calaisis. Une épreuve qui conservait un véritable enjeu puisque les trois premiers pouvaient encore décrocher le titre de champion de France, tandis que plusieurs places du classement général restaient à attribuer. Si la tension n’était pas particulièrement palpable sur le parking, chacun savait qu’il y avait encore quelque chose à aller chercher sur cette dernière course.
Et puis, c’est toujours un plaisir de venir rouler sur le grand polder de Marck. D’abord parce qu’on monte les chars sur l’herbe et il n’y a rien de plus agréable que ça, mais aussi parce qu’au mois de juin, la plage est suffisamment vaste pour que la cohabitation avec les plagistes ne pose aucun problème. D’ailleurs, on n’en a pas vus. Il faut dire que la météo ne se prêtait pas vraiment à la baignade ni aux châteaux de sable (lol). Un solide vent de sud de force 5 accompagné d’averses nous accueillait, et les prévisions annonçaient encore un renforcement dans la journée. Bref, les pelles et les sacs de sable étaient de sortie.
David et Rémi avaient tracé un parcours relativement simple et sécurisé. La principale difficulté ne venait pas seulement du vent, mais surtout de l’état de la plage. Sans possibilité d’effectuer des essais avant les manches, il n’était pas facile de déterminer les meilleures trajectoires. Les pilotes de tête, eux, semblaient parfaitement savoir où poser leurs roues tant cela paraissait facile. Augustin remportait les deux manches du samedi, tandis que Justin, Loïc, Vianney et Clément restaient au contact. Derrière, chacun faisait de son mieux pour limiter les dégâts. Comme souvent, le terrain se dégradait rapidement et il devenait de plus en plus difficile d’éviter les zones molles.

Au briefing précédant la troisième manche, le vent prenait encore deux crans pour atteindre force 6 à 7. Dans ces conditions, la décision de David de mettre fin aux courses était tout à fait logique. Rendez-vous était donc donné au lendemain matin pour un nouveau briefing à 10 heures.
Le dimanche, tout le monde était présent au rendez-vous. Le vent également, toujours établi à force 5 mais orienté cette fois au sud-ouest. Il fallait donc tirer des bords sur une plage toujours un peu molle. Le petit plus, c’est que le vent et la pluie de la nuit avaient un peu effacés les traces de la veille.
La grande différence avec le samedi, c’est qu’Augustin n’a remporté aucune manche. Il a dû se « contenter » de places de deuxième. Les trois manches du dimanche ont d’ailleurs été gagnées par trois pilotes différents, preuve d’un niveau particulièrement relevé et homogène. Au terme du week-end, Augustin s’impose au classement général devant Clément et Loïc, qui complètent le podium.

Après trois manches disputées dans la journée, tout le monde regagnait le parking, bien fatigué mais satisfait d’un week-end sans histoire.

Le temps pour Sylvain d’effectuer les calculs du classement national, et le verdict tombait : Augustin devient champion de France 2025-2026 en classe 3. Clément et Justin l’accompagnent sur un très beau podium final.
Marie-Pierre DAVID repart également avec un titre de championne de France grâce à sa place dans la première moitié du classement national des pilotes.
Un petit coup de chapeau également à Jérémy TELLIER, auteur de très beaux débuts de manche sur son vieux « Strike ».

Bravo aussi à Nicolas MILLET qui disputait sa toute première course en classe 3 sur le char de Loïc POCHET, dans des conditions qui n’étaient pas forcément les plus simples pour débuter.
Enfin, un grand merci aux bénévoles du club de Marck ainsi qu’à Hubert pour leur accueil toujours aussi chaleureux et leur organisation sans faille. Merci également à David et Rémi, toujours à l’écoute des pilotes et prêts à se remettre en question, une qualité essentielle pour un staff de course.
Maintenant que la saison est terminée, je suppose que vous êtes maintenant avides de connaître les impressions des pilotes de tête. La C3A a recueilli quelques confidences des deux premiers du GP de Marck.
Place donc à « Paroles de pilotes » avec Augustin et Clément.
Hello Augustin, petites questions pour C3a et l’ensemble des pilotes, ça fait un an que tu roules avec ton nouveau char, quand tu pars en compétition, est ce que tu te poses des questions sur la rapidité de ton char, les réglages à faire, les pilotes en forme du moment, en bref, est ce que tu pars toujours confiant en étant sûr de gagner?
Alors oui bien sûr avant chaque course, je me pose plusieurs questions, premièrement, niveau météo, car chaque Char et chaque pilote à ses points forts et faibles, en fonction du vent et de la plage ou polder… louvoyage ou bord direct … j’ai la chance d’avoir réussi à mettre au point un Char qui me semble très polyvalent. De ce fait, je me concentre plus sur le réglage de celui-ci ( pression de pneu , lest , quête …)
Globalement, en ce qui concerne les pilotes en forme ou non du moment, nous les connaissons, et nous nous connaissons donc généralement pas trop de surprise, quelques fois des outsiders tirent leur épingle du jeu.
Dans cette épreuve a Marck, quand on part pour la 1ere manche et que tu ne connais pas le terrain, quel est ton état d’esprit… tu es du style « on verra bien » ou bien tu as déjà tracé ta stratégie… je vois où vont les meilleurs, ou bien tu as déjà choisi ou tu allais passer sans te soucier des autres.
En ce qui concerne le Grand prix de Marck, c’est une plage que je connais assez bien et j’ai déjà pratiqué beaucoup de grands prix et de championnat sur celle-ci. Donc j’ai envie de dire c’est facile, il faut juste bien observer le parcours et a minima le terrain avant la course pour essayer de trouver quelques options et surtout la bonne pression de pneus. Personnellement je suis plus du style à essayer de faire le meilleur départ partir en tête et ouvrir car je suis confiant dans ma lecture de terrain même si je peux me tromper, ça arrive, et je sais que mon char pardonne bien sur les relances et surtout dans le sable mou comme à Marck. Donc j’ai tout intérêt à m’échapper le plus rapidement possible.
Comme vu ce week-end à la finale, je pense que je gagne les deux premières manches car les adversaires n’avaient peut-être pas la bonne pression de pneus, la bonne lecture de terrain et le bon lest, et ils ont sans doute mis un peu plus de temps d’adaptation que moi. Car la preuve en est sur les manches suivantes du dimanche, c’était la bagarre avec Clément, Justin, Vianney et Loïc, mais je n’ai pas réussi à gagner une seule manche sur les trois du dimanche. Là, à mon avis ils étaient prêts.
Pour résumer un Char à Voile Classe 3, ou autre catégorie, reste un engin qu’il faut connaître sur le bout des doigts, ces points forts, ces points faibles et avoir une analyse du terrain et de la météo et normalement tout ira bien.
Salut Clément, à la C3a on est curieux de savoir quelques-uns de tes petits trucs. Par exemple, quand tu arrives à Marck, est ce que tu sais déjà quel matériel tu vas utiliser: essieu, voile… ou est-ce que tu fais tout au dernier moment en voyant la plage et le vent?
Cela fait un mois que le dernier GP est passé, donc techniquement, on a le temps de réfléchir à quel matériel prendre. Et pourtant ce n’est qu’en chargeant le char sur la remorque le jeudi que je réfléchis à quel essieu prendre ; j’en ai bien un préféré pour les polders mais il est vieux et la dernière fois à Cherrueix je n’en étais pas satisfait. Dans ma tête je me dis « il a perdu cet essieu, il n’est plus comme avant, il est rincé »
Mais bon je décide de le mettre et je prends mon habituel en secours au cas où ça marche pas. Je me vois déjà le mettre sur la remorque de matériel à amener sur la plage, pour changer entre 2 manches, j’ai déjà fait, ça ne me fait pas peur, et puis il y a un titre de champion de France en jeu, un podium, c’est serré. La veille je me dis que si j’ai mal roulé avec à Cherrueix c’est peut-être un problème de parallélisme ? Alors me voilà à vérifier le parallélisme ; il n’est pas bon. Oh non encore une heure à passer… les enfants s’impatientent, je me donne 20minutes pour le refaire et finir de charger; hop hop je me prends pas autant la tête que d’habitude, je rectifie ce que je peux au premier coup, c’est pas top mais c’est mieux, ça ira, dans la tête c’est coché, parallélisme Fait ✔️.
Pour la voile c’est plutôt les lattes que je décide au dernier moment, le vendredi aussi.
Donc oui, j’ai regardé le vent avant, oui je sais quel matériel je vais mettre, mais le dernier moment est toujours bon pour se mettre un coup de booste pour être à fond le lendemain.
Pendant la course ( de loin) je voyais que vous étiez souvent ensemble avec Augustin. Est-ce que c’est lui qui te marquait ou bien toi ? Si tu arrives derrière lui au final, c’est parce qu’Augustin va un poil plus vite ou bien ça s’est joué sur des petites erreurs.
Ah ah quelle question ! Le samedi ça ne marchait pas comme je voulais. Gus est devant, alors j’observe mais je ne peux rien tenter.
Le dimanche c’est différent, je vais plus vite, mais Gus et Vianney vont vite aussi. Je les suis et je décide d’aller les doubler sur une priorité, donc là, je suis juste opportuniste.
Ensuite je suis en feu alors j’attaque à « donf » mais dans l’élan je loupe un drapeau, dommage… la dernière c’est Gus qui tente des choses pour me doubler et ça marche, je prends un coup au moral car juste après ce coup, il a de la « chance » avec un char retardataire dans une bouée et je perds doublement. Ensuite je ne peux que tenter des minis options mais ça ne marche pas alors j’attends simplement son erreur qui ne viendra jamais. Et c’est Justin qui nous double tous les 2 dans le dernier bord de près… je pense avoir été trop attentiste sur celle manche la…
Alors est-ce que pour gagner, il faut marquer, suivre, être opportun ou chanceux? C’est un peu tout ça je pense, en fonction des faits de course. Il faut surtout être très concentré pour prendre les meilleures décisions.